Préparer le festival : Interview avec Mathieu Eliot, coordinateur du festival.

Bonjour je suis Mathieu Eliot, J’ai 43 ans, dans la vie, je suis pompier professionnel en Ille-et-Vilaine, et je suis au centre de secours de Redon. J’habite à Bains depuis 10 ans mais j’y est toujours un peu trainé car la plus part de mes amis sont d’ici, et de file en aiguille par les copains et les rencontres qu’on fait à Bains, je suis rentré dans le club. Ça a commencer par la fête de l’ile aux pies.
Quel est ton rôle pour l’Île aux Pies ?

🎙️ Au départ, j’y étais bénévole, comme beaucoup d’autres, avec des rôles variés. Puis, depuis plusieurs années maintenant — environ trois ou quatre ans — je suis bénévole sur la partie festival, où j’ai pris en charge la coordination de l’équipe qui s’en occupe.

En quoi consiste cette mission ?

🎙️ Je suis le coordinateur du Festival de l’île aux pies. Nous sommes une douzaine de personnes, mon rôle est d’animer l’équipe qui en assure l’organisation. Par exemple, nous venons tout juste de finaliser la programmation : mon rôle est justement de faire vivre le collectif, d’accompagner les échanges et de permettre au groupe de faire des choix ensemble, notamment sur la manière de construire la programmation.
C’est le même principe pour l’ensemble des pôles d’organisation du festival, que ce soit la technique, la logistique ou encore l’accueil de artistes.

Qu’est-ce qui demande le plus d’organisation cĂ´tĂ© artistes  ?

🎙️ C’est l’ensemble de tout cela qui fait que c’est une mission très prenante. Pour revenir sur la programmation, c’est clairement ce qui demande le plus de temps : nous avons commencé à y travailler début octobre et nous venons seulement de finaliser les choix. Il y a beaucoup de réflexion en amont, cela demande du temps, de l’énergie et aussi une certaine excitation, mais rien ne se fait tout seul.

Nous sommes également contraints par plusieurs paramètres, notamment le budget. Au sein du groupe, des choix artistiques sont faits, mais ils ne s’imposent pas immédiatement : la programmation doit rester cohérente dans son ensemble, tout en reflétant les envies et la vision de la commission Festival. C’est un travail collectif que l’on construit petit à petit.

Il n’y a pas de programmation figée d’une année sur l’autre, ni de groupes prédéfinis à l’avance. Tout se fait au fil de l’eau, en fonction des propositions que nous recevons, de ce que nous avons envie de défendre et des idées qui émergent. Il faut ensuite les mettre en cohérence : on ne peut pas enchaîner des styles trop marqués sans lien entre eux. Il doit y avoir une progression sur la soirée, une montée en puissance, du premier au dernier groupe, tant en termes d’ambiance que de style musical.

Tout cela demande beaucoup de réflexion et d’organisation. D’autant plus que nous sommes tous bénévoles, avec nos activités professionnelles et personnelles à côté. Il faut donc réussir à trouver des moments pour se retrouver, échanger et faire des choix ensemble.

Nous restons malgré tout un festival gratuit, et notre objectif est de proposer quelque chose de qualitatif, cohérent, et fidèle à l’esprit de la fête de l’Île aux Pies, sans jamais la dénaturer, et en rassemblant autour de la musique.

La gratuitĂ© est importante, et nous voulons dĂ©fendre ce modèle. Nous pouvons offrir un festival, tel que le nĂ´tre avec le soutien financier de nombreuses sponsors, mĂ©cènes, l’appui de la municipalitĂ© et c’est Ă  souligner !

Quel est le moment le satisfaisant pendant l’IAP ?

🎙️ Tous les moments de travail que l’on fournit tout au long de l’année prennent vraiment leur sens quand, le temps d’un instant pendant le week-end, on peut prendre un peu de recul. On regarde ce qu’on a proposé, le concert en cours, tout ce qu’on a mis en place, et surtout la réaction du public.

Quand on voit la scène, la foule à perte de vue, on se dit que oui, ça fonctionne. On voit les gens danser, chanter, rire, s’amuser, partager un moment ensemble. L’ambiance est conviviale, familiale.

C’est ça, l’Île aux Pies : un événement ouvert à tous, où chacun peut s’y retrouver dans la programmation! Quelque chose qui plaît au plus grand nombre, tout en restant gratuit, qualitatif et professionnel.

Un exemple de galère que vous avez réussi à résoudre sur le moment ?

🎙️ Un exemple de galère que vous avez réussi à résoudre sur le moment ?

L’année dernière, lors du concert des Bloyets, juste avant leur passage sur scène, une grosse averse s’est abattue sur le site et beaucoup de personnes sont parties. La pluie s’est ensuite arrêtée, le public est revenu petit à petit et le concert a pu commencer.
Mais après l’introduction, plus de lumière : les plombs ont sauté, sûrement à cause de la pluie. J’étais sur le côté de la scène et je voyais bien qu’il y avait un souci en régie. Les Bloyets, très pros, ont continué à jouer malgré tout.

Sur le moment, j’ai eu l’idée de monter sur scène et d’allumer la lampe de mon téléphone pour inciter le public à faire pareil et créer une réaction sympa. Ça a marché, et ça a créé un moment fort, même si très stressant. D’autant plus qu’ils tournaient un clip ce soir-là. Un gros coup de stress, mais aussi un bel exemple des aléas du direct.

Si tu devais décrire le festival en 3 mots, ce serait lesquels ?

🎙️ Populaire, conviviale, festive.

C’est avant tout une aventure d’équipe. Au-delà du festival, cela montre la force de notre organisation, basée sur une vraie cohésion et une bonne entente entre les bénévoles. À l’Île aux Pies, il n’y a pas que le festival : il y a aussi tous les pôles indispensables au bon fonctionnement de la fête, comme les Pies en Folie, la restauration, la buvette, la billetterie, la communication… tout ce qui fait tourner ce week end de fête!

Et puis on oublie pas les origines du festival, qui trouvent leurs racines dans le Festival de l’île aux Zicos, qui eu lieu en 2010 et 2011 à Bains sur oust… c’est la genèse de ce que nous connaissons aujourd’hui au nombre de ceux qui l’ont créé font toujours parti de l’équipe ! Que ça soit pour le festival ou bien sur l’ensemble de l’événement, nous avons aussi à cœur de réussir en pensant à ceux qui ne sont plus parmi nous mais pour qui ce week end festif était important … 💫

L’ensemble forme une belle machine que nous faisons vivre tout au long de l’année. On tire tous dans le même sens pour réussir, chaque année, une fête la plus belle possible. Et on cherche constamment à la faire évoluer : aussi bien dans la programmation proposée sur l’ensemble du week-end que dans l’amélioration qualitative, que ce soit sur le plan environnemental ou dans les conditions d’accueil du public.

C’est cette motivation collective qui nous pousse à faire avancer les choses, toujours dans le bon sens!

Mathieu Eliot
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